Planter des arbres

Il commence à faire chaud. Vraiment chaud. Il grêle en été. Le temps devient…bizarre. Le  changement climatique devient plus visible et commence à avoir des conséquences sur nos vies.

 

On a beau manger bio, trier nos déchets, moins prendre l’avion, faire du co-voiturage, cela ne suffira (malheureusement) pas à enrayer le phénomène. Pourtant, des solutions existent et sembleraient efficaces.. si seulement elles étaient mises en œuvre. Planter des arbres serait une des meilleurs solutions.

  • Drawdown

Paul Hawken a réuni des scientifiques du monde entier pour évaluer les solutions les plus efficaces à mettre en place pour « inverser le cours du réchauffement climatique ». C’est le projet Drawdown (accompagné du livre du même nom aux éditions Actes Sud – Domaine du Possible) qui présente une centaine de solutions : restriction des fluides frigorigènes, éoliennes, réduction du gaspillage alimentaire, alimentation végétale, éducation des filles et planification familiale, reboisement et protection des forêts, agroforesterie, font partie des solutions mises en valeur. Un article sur Drawdown est lisible ici.

  • Planter des arbres

Des chercheurs proposent une solution « unique » très simple : planter des forêts.

Dans le journal Science du 5 juillet 2019, l’équipe multidisciplinaire de Thomas Crowther (ETH Zurich) a cartographié les zones où il est possible de planter des arbres et a quantifié les effets d’une telle plantation. Sa conclusion est que la restauration des forêts dans le monde pourrait réduire le taux de (dioxyde de) carbone dans l’atmosphère de 25%. L’étude montre que planter des forêts serait « aujourd’hui la meilleure solution face au changement climatique, en ramenant le taux CO2 de l’atmosphère à un taux proche de celui d’un siècle en arrière ».

L’équipe a investigué les mécanismes qui permettrait aux arbres de changer la composition l’atmosphère terrestre. On sait que les arbres utilisent le CO2 pour la photosynthèse, pour fabriquer de l’énergie en utilisant l’énergie solaire. Ce CO2 est ainsi piégé par les arbres, qui libèrent de l’oxygène. L’équipe de chercheurs de Zurich a mesuré la couverture forestière du globe, donc le nombre d’arbres et leur densité, tout autour de la terre. Les chercheurs ont évalué l’impact des arbres dans des zones très boisées et ont extrapolé leurs observations à des zones plus étendues.

Ainsi, ils montrent que la planète est recouverte de 2,8 milliards d’hectares de forêts, mais qu’elle peut facilement être recouverte d’arbres sur 4,4 milliards d’hectares. Il reste donc plus de 1,6 milliards d’hectares disponibles pour planter des arbres. En soustrayant les zones urbaines et cultivées, il reste 0,9 milliards d’hectares pour la plantation d’arbres. Une telle surface boisée permettrait d’absorber 200 gigatonnes de carbone, sur les 300 gigatonnes générés par l’activité humaine depuis l’industrialisation (une réduction de 2/3).

Le premier auteur de l’étude, Jean-François Bastin est optimiste : « C’est magnifique de penser que tout ce qu’on a à faire pour combattre le changement climatique, c’est de planter des arbres. Cela peut se faire partout

  • Il est urgent d’agir

Cependant, c’est une fois « matures » que ces forêts pourraient stocker 205 milliards de tonnes de CO2. Cela implique donc de les planter rapidement, car le changement climatique modifie chaque jour les possibilités de reboisement. L’équipe précise dans Science que si nous ne changeons rien à notre comportement vis à vis des arbres, les surfaces forestières pourraient se être réduites d’environ 223 millions d’hectares d’ici 2050, principalement au niveau des Tropiques. Il est donc urgent d’agir.

Le stockage de 205 milliards de tonnes de CO2 implique également de ne surtout pas les couper précocement afin ne pas libérer le CO2 stocké.

Il est également fondamentalement important de planter des essences locales, appropriées à chaque zone géographique (et pouvant supporter le changement climatique) et des essences variées. La monoculture d’arbres n’est pas une forêt.

L’étude du laboratoire Crowther montre surtout l’impact que le reboisement peut avoir sur le réchauffement climatique, et souligne que ce serait aujourd’hui la meilleure solution pour limiter l’augmentation des températures. Selon les données publiées, six pays pourraient particulièrement contribuer au reboisement : la Russie, les USA (qui ont perdu la majorité des forêts primaires), le Canada, l’Australie et la Chine. Cependant, chaque pays a la possibilité de reboiser son territoire.

En parallèle, il est urgent d’arrêter de couper (massacrer) les forêts primaires et les forêts tropicales. Si le rythme de destruction de la forêt amazonienne se maintenait, celle-ci n’existerait plus dans quelques petites années, et aucun retour en arrière ne serait possible.

  • Les forêts, c’est aussi…

Planter des arbres ne permet pas seulement de stocker du CO2. Les forêts sont l’habitat d’êtres humains souvent chassés de leurs terres. Elles sont aussi l’habitat de nombreuses espèces animales dont la disparition pourrait être éviter.

Elles modifient le climat localement en participant activement au cycle de l’eau (évapotranspiration, pluie, rivières), elles participent à la protection des sols, et peuvent atténuer certains risques naturels.

Mais est-il vraiment nécessaire de lister les vertus des forêts pour les protéger et les restaurer ?

 

  • Que faire concrètement ?

Sur le site du labolatoire Crowther, on peut observer chaque endroit de la planète en matière de couverture actuelle et de couverture potentielle en forêts. On trouve également une liste d’organisations et associations œuvrant pour le reboisement, telles que Treesisters (qui ont pour objectif de planter 1 milliard d’arbres par an) ou WeForest (qui aident des communautés à reboiser et restaurer les sols).

Semeurs de forêts est une association qui investit dans des terrains à reboiser en France, puis s’occupe de la plantation d’espèces locales, selon la méthode proposée par le japonais Akira Miyawaki . Il s’agit de créer de « mini-forêts primaires », qui sont « 30 fois plus denses qu’une plantation d’arbres classiques et 100 fois plus riches en biodiversité », créant ainsi « un écosystème stable et résilient ». Cette méthode de plantation dense d’arbres permet à ceux-ci de créer entre eux une coopération proche de celle existant dans les forêts primaires.

Reforest’action est une « entreprise à vocation sociale » dont l’objectif est de soutienir des projets de reboisement en milieu forestier, en milieu urbain et en milieu agricole en proposant une « plantation participative » aux particuliers ou aux entreprises.

Pur Project est également une entreprise sociale dont l’objectif est de « régénérer, dynamiser et préserver » les éco-systèmes dont nous dépendons, en plantant le plus d’arbres possibles et en permettant aux communautés qui plantent d’avoir des revenus.

Vous pouvez également changer de moteur de recherche pour contribuer à planter des arbres :

Ecosia est un moteur de recherche qui reverse 80% de ses bénéfices à un programme de reforestation avec des partenaires dans différentes parties du monde (dans 16 pays). Ainsi, il faut en moyenne 45 recherches sur ce moteur de recherche pour planter un arbre.

Lilo est un moteur de recherche qui permet de financer des projets qui ont du sens, parmi lesquels se trouvent des projets de reboisement (Canopée Reforestation, pour le reboisement du Nord-Pas de Calais, Cœur de Forêt, Arutam Zéro Déforestation, etc.)

Pour soutenir l’arrêt des coupes de forêts (notamment des forêts primaires), il est possible de contribuer au travail d’associations ou de signer des pétitions. Voici quelques exemples :

– Pétition « Halte à l’apocalypse en Amazonie »

– Greenpeace et ses projets pour les forêts du monde

– Pétition pour l’arrêt de la destruction des forêts françaises

 

  • Plantons !

Chacun d’entre nous peut, à son échelle, contribuer à la plantation d’arbres.

Planter des mini-forêts à la manière de Miyawaki permet de créer un écosystème forestier même sur de très petites surfaces de terre (un espace équivalent à 6 places de parking suffit pour la création d’une mini-forêt résiliente). Ces mini-forêts très denses ont une grande capacité d’absorption du CO2.

S’adonner à l’agroforesterie en plantant des « forêts nourricières », « forêts jardins » ou encore « forêts comestibles » – dans lesquelles noyers et châtaigniers côtoient pommiers, noisetiers, groseillier, fraisiers et ronces – permet à la fois de planter des arbres et de constater l’abondance de la nature lorsqu’il est temps de récolter les fruits. Ces forêts sont de plus un bon moyen de résilience pour les humains !

 

Planter des arbres soi-même, contribuer à en planter chez nous ou dans le monde, permet de passer à l’action et de sortir de notre impuissance face au changement climatique. Invitons notre commune, notre entreprise, notre région, à planter des arbres, agissons !

 

 

  • Quelques expériences inspirantes (parce que c’est bon d’être inspiré(e) pour agir !) :

En Inde (en anglais) :

Au Brésil :

Au Burkina Faso :

En Ecosse (en anglais) :

En Islande :

En Inde :

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2 thoughts on “Planter des arbres

  1. Maya

    Bonjour,
    Eh oui, il faut des solutions concrètes. Planter oui, mais encore faut-il se regrouper, s’équiper, demander la permission. Une fois ces formalités derrière, je voudrais partager une idée que j’ai vue dans un parc: quand les arbres sont encore jeunes, plier en quatre l’ensemble des branches, en les écartant avec des tuteurs, afin que l’arbre pousse en forme de parasol, ombre garantie et taille facilitée. Voilà!

    • Herberie

      Bonjour Maya,
      Il est possible de soutenir des associations qui plantent des arbres, il est aussi envisageable d’en planter quand on a la chance d’avoir un jardin… et peut-être est-il possible d’en planter ailleurs sans avoir besoin de permission ? J’aimerais beaucoup qu’il faille une permission pour couper un arbre, et non pour en planter 😉 Et merci pour l’idée !

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