Ronces et mûres

Dans les contes, les ronces ont souvent empêché les princes charmants d’arriver facilement au château de leurs bien-aimées. Pourtant, la ronce n’est pas qu’un buisson d’épines qui envahit les chemins de ses longues tiges. Toute la plante a accompagné l’homme au cours de son évolution.

Les feuilles et les jeunes pousses sont utilisées en phytothérapie, et les fruits – les mûres – sont des trésors offerts en fin d’été par ces ronces réputées « infranchissables ».

  • Une longue histoire

La mûre, comme d’autres fruits sauvages (noisette, prunelle, merise, framboise, etc.) faisait déjà partie de l’alimentation bien avant les débuts de l’agriculture (P.Lieutaghi).

Solide, la tige de ronce s’est faite lanière pour des vanneries ou des toits de chaume de seigle (P.Lieutaghi, T.Thevenin).

Quant aux jeunes pousses de ronce, elles étaient il y a encore quelques décennies cueillies pour faire des « bâtonnets non dépourvus d’âpreté mais à la fois croquants et juteux : un régal », ou cuits dans des soupes. (P.Lieutagi, LA PLANTE COMPAGNE. Pratique et imaginaire de la flore sauvage en Europe occidentale, édition 1998)

Les feuilles et les fruits sont depuis longtemps utilisés pour soigner maux de gorge, de ventre et aux inflammations.

  • Protectrice

Thierry Thevenin rappelle que la ronce – Rubus fruticosus– est certes une « barrière d’épines », mais qui veille sur la croissance des jeunes arbres en les protégeant ; cette plante pionnière, qui est une des premières à pousser sur les terres dégradées, permet également de nourrir insectes, oiseaux, rongeurs ou mammifères. Elle est donc également une pionnière de la biodiversité (T.Thevenin LES PLANTES SAUVAGES, CONNAITRE, CUEILLIR ET UTILISER)

  • Des maux de gorge aux maux de ventre

Les feuilles de ronce sont riches en tanins : elles sont donc astringentes et hémostatiques (arrêtent les saignements) mais aussi antiseptiques. Elles sont utilisées depuis l’antiquité pour soigner les infections de la gorge (angines rouges), de la bouche (aphtes, inflammation de la gencive) ou cicatriser certaines blessures. Elles sont aussi réputées pour leur effet anti diarrhéique. Les feuilles sont également traditionnellement utilisées pour leur effet dépuratif, lors du nettoyage du corps.

On utilise traditionnellement l’infusion des feuilles pour l’usage interne, et la décoction pour les gargarismes (maux de gorge et maux bucco-dentaires).

L’infusion des feuilles : mettre les feuilles dans l’eau bouillante, hors du feu, pendant une dizaine de minutes, filtrer. Pour soigner les débuts de rhume, grippe, les angines rouges, les diarrhées, ou comme tisane dépurative.

La décoction des feuilles : mettre les fleurs dans de l’eau froide, porter à ébullition de cinq à dix minutes, filtrer. En gargarisme pour soigner les maux de gorge (angine), les gingivites ou les aphtes.

Mures et ronces

Les jeunes pousses sont aujourd’hui préparées en macérâts glycérinés pour traiter certaines pathologies pulmonaires (bronchique chronique, emphysème) et ostéo-articulaires (ostéoporose notamment). Comme la plante entière, les jeunes pousses agissent en « réparant le terrain ».

Les mûres, douceurs de septembre, sont riches en vitamines (A, C), en fer. Leur richesse en pectine en font des candidates idéales pour préparer gelées et confitures. Les mûres peuvent aider à soigner les diarrhées, ainsi que les affections pulmonaires et les angines. Nutritives, elles sont bonnes à consommer dès la cueillette, pour faire le plein de vitamines.

Lors de la cueillette, privilégiez les fruits en hauteur (et non au ras du sol) afin d’éviter la contamination par l’échinococcose, que les renards peuvent transmettre en urinant sur les fruits.

Goûtez aux plaisirs et aux bienfaits de la ronce, de ses feuilles et de ses fruits…et sûrement la regarderez-vous différemment.

 

Pour en savoir plus :

Dans nos pays de vieille tradition écrite, aux paysages modelés depuis des millénaires par l’agriculture, il existe aussi une Histoire en rapport étroit avec la plante sauvage. Toute oubliée qu’elle soit, et en deçà des paroles, cette Histoire ne saurait se circonscrire à une chronique d’usages mineurs : elle raconte les perfectionnements de la pensée même, elle vaut d’être retrouvée, traduite de l’herbe et du feuillage, restituée à l’usage de notre propre attention au monde. Car c’est toute l’aventure des hommes qui s’enracine et s’abat avec les forêts, bruit dans les cimes, s’exalte et s’apaise au rythme des saisons florales. Chaque vieille haie en sait un épisode. Et la flore, témoin des commencements, ortie ou chiendent, sureau ou bardane, est toujours à nos portes, avec ses mêmes offres et ses signes tout prêts pour les passages d’intelligence. Essai en forme de petites histoires plus sociales que naturelles, La Plante compagne propose quelques pistes pour une écoute attentive de la mémoire des herbes et des arbres qui rencontraient les hommes. Son propos est aussi de servir d’initiation à une ethnobotanique famifière : ce qui s’est passé au cours des temps dans la mise en oeuvre et en pensée de nos plantes les plus communes ; ce que nous devons toujours à cet échange fondateur ce qu’il fallait déraciner pour échapper à la fatalité des fables ; ce qu’il fallait accueillir du symbole pour mieux vivre la réalité. Et aussi, à l’évidence, ce qui se constitue toujours sous nos yeux ; car le dialogue entre l’homme et la plante ne sera jamais rompu. Ce livre n’a d’autre ambition que d’aider à sa poursuite, dans la plus grande légèreté possible (mais non dans le silence) de la raison.

L’ouvrage est divisé en 2 grandes parties.La première partie replace la plante dans son milieu naturel, la valorise et meten garde contre sa fragilité. L’auteur dispense conseils et recommandations d’ordregénéral pour sa cueillette, sa conservation (séchage, stockage, conservation dansl’huile, le vinaigre ou l’alcool) et son utilisation (usages alimentaires, médicinaux,artisanaux et domestiques).La seconde partie présente et décrit 100 plantes, en commençant par celles quise trouvent dans nos jardins ou devant nos maisons, suivent celles qui se développentautour des haies et dans les champs, puis celles qui croissent au bord de l’eau(étangs, mares, rivières, prairies inondables et marécages), et enfin celles qui poussentdans la forêt.Pour chaque plante, l’auteur donne des conseils pour la reconnaître, éviter dela confondre, la cueillir et l’utiliser. Des dessins et des photos accompagnent etillustrent le propos.

Il est des maladies qui ne se soignent que par l’alimentation. La façon de se nourrir est primordiale. L’auteur assimile les légumes, fruits et céréales aux plantes médicinales, tant ils sont souverains dans certains traitements. Plus de 130 aliments sont étudiés pour que vos menus deviennent des ordonnances !

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